La vie privée à l’ère du numérique : 68% des citoyens estiment n’avoir qu’un contrôle partiel sur leurs informations personnelles

La vie privée à l’ère du numérique : 68% des citoyens estiment n’avoir qu’un contrôle partiel sur leurs informations personnelles

lors que l’avènement des nouvelles technologies numériques permet aux organisations d’exploiter toujours plus de données personnelles, les inquiétudes quant à leur utilisation s’intensifient parmi les citoyens et les Etats. C’est dans ce contexte et à l’occasion du Forum International de la Cybercriminalité (FIC) 2017 (qui se tient à Lille les 24 et 25 janvier) que les équipes Cybersécurité & Confiance Numérique de Wavestone présentent leur dernière étude, portant sur « la vie privée à l’ère du numérique ». Accompagnée d’un sondage* exclusif, réalisé auprès de 1587 personnes dans 6 pays (France, Allemagne, Angleterre, Italie, Chine et Etats-Unis), cette étude offre une vision croisée entre une autorité de contrôle, un philosophe et des experts terrains. L’objectif : proposer un éclairage  sur les enjeux liés au respect de la vie privée dans un monde numérique.

Quels regards les citoyens portent-ils sur leur vie privée et la protection de leurs données ?

Résultats du sondage mené auprès de 1587 citoyens français, allemands, anglais, italiens, américains et chinois

 

La vie privée : un sujet de préoccupation pour la plupart des citoyens

Si 3/4 des citoyens interrogés affirment être préoccupés par le respect de leur vie privée, les citoyens chinois sont, quant à eux, près de la totalité (97%) à l’être, contrairement aux allemands qui ne sont qu’un peu plus de la moitié (53%).

Pour plus de 60% des citoyens, la vie privée c’est avant tout maîtriser ses données

Avoir le contrôle sur qui peut obtenir des informations, ne pas avoir à dévoiler sa vie privée ou encore avoir le contrôle sur les informations collectées sur soi représente la majorité des attentes des citoyens interrogés.

La majorité des citoyens jugent n’avoir qu’un contrôle partiel de leurs informations personnelles

Sur la totalité des citoyens interrogés dans les 6 pays, près de 68% jugent n’avoir qu’un contrôle partiel sur leurs informations personnelles malgré les différentes lois en vigueur.

 

La moitié des citoyens pensent que leurs informations sont utilisées dans d’autres buts que ceux qu’ils ont approuvés

Les citoyens américains et chinois sont les plus confiants, avec respectivement 49% et 48%d’entre eux qui pensent que leurs données sont utilisées uniquement dans un but qu’ils ont approuvés. Les français, eux, (64%) ont une faible confiance dans les organisations publiques ou privées à qui ils confient des données. 

A peine la moitié de citoyens pensent que la loi les protège raisonnablement

51% des citoyens interrogés sont complètement ou plutôt d’accord avec l’affirmation indiquant que les lois existantes protègent leur vie privée, alors qu’un quart (25%)n’est plutôt pas d’accord ou pas du tout d’accord. Plus de deux tiers des citoyens chinois (80%) et américains (70%) sont complètement ou plutôt d’accord avec cette affirmation, tandis qu’en France et en Allemagne environ un tiers (respectivement 38% et 31%) des citoyens ne sont plutôt pas d’accord ou pas du tout d’accord malgré un cadre réglementaire beaucoup plus contraignant.

Une crainte réelle sur la vie privée qui se diffuse dans la société

Les citoyens redoutent certaines technologies susceptibles selon eux mettre en danger leur vie privée en capturant de l’information à leur insu, sans maîtrise de leur part. Le Wifi public arrive en tête, suivent les drones et les technologies permettant de capter l’humeur, les opinions et les comportements.

Le vol de données privées (numéro de carte bancaire, identifiants…) reste le principal sujet de préoccupation des citoyens consultés. La transmission des données à des tiers et le détournement de celles-ci sont également des sujets sensibles. 

Les banques acteurs de confiance n°1 … quand les médias sociaux sont les derniers

Plus de 50% des citoyens qui ont pris part à cette étude font confiance aux banquesLes organisations médicales (45%) et les organisations publiques (34%) viennent compléter le haut du podium. En bas de classement, les web entreprises pour près de 9% des citoyens interrogés, les entreprises technologique (6%) et enfin, les médias sociaux, bons derniers pour 5%.

 

Les lois multiplient à l’échelle européenne mais aussi internationale, malgré des différences d’approche et de maturité entre les pays. En Europe, l’accent est mis sur la protection des citoyens, notamment avec le vote d’un nouveau règlement (le GDPR) amenant des sanctions dissuasives à hauteur de 4% du CA Monde des entreprises concernées. A contrario, aux Etats-Unis, la tendance est davantage à la responsabilisation des individus, la législation de protection de la vie privée variant selon les secteurs d’activité.

Ce durcissement juridique oriente les organisations vers une approche de la vie privée numérique uniquement sous un angle réglementaire. Pour les grandes entreprises et institutions, le respect de la vie privée représente aujourd’hui avant un tout un projet de mise en conformité de plus en plus complexe au regard de ces exigences qui se renforcent.

« Ces évolutions réglementaires constituent une opportunité de premier plan que les grandes organisations pourraient exploiter comme un levier pour renouveler ou renforcer la relation de confiance avec leur client » commente Gérôme BILLOIS, senior manager chez Wavestone.

L’étude présente les grands principes à instaurer pour s’assurer de l’intégration du respect de la vie privée dans la culture même de l’entreprise, et non uniquement dans ses processus opérationnels. Elle détaille également les bonnes pratiques concrètes à appliquer, pratiques qui nécessitent une mobilisation large au sein de l’organisation afin de constituer un véritable accélérateur des programmes de mise en conformité, notamment au GDPR.

Si le sujet de la vie privée numérique est d’actualité aujourd’hui du fait des échéances réglementaires, il le restera dans le futur, en particulier car les prochaines évolutions autour de l’algorithmie ou de l’intelligence artificielle vont renforcer son caractère central. A titre d’exemple, le philosophe Milad Doueihi, interrogé dans le cadre de l’étude souligne le cas des technologies blockchain et l’absence de tiers de contrôle qui en résulte.

« Protéger la vie privée revient à maintenir le lien de confiance qui unit les organisations à leurs employés et à leurs clients, la transparence étant la clé de voûte du maintien de cette confiance. Protéger la vie privée dans le numérique aujourd’hui, c’est donc faire du digital autrement » conclut Frédéric GOUX, partner chez Wavestone.


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