L’âge de la maturité pour la sécurité privée ?

L’âge de la maturité pour la sécurité privée ?

De gauche à droite Patrick Levaye,  Thierry Delville, Michel Mathieu, Alain Juillet et Patrick de la Guéronnière. Pour tous, la situation s'est améliorée dans les métiers de la sécurité privée. La formation reste toutefois un grand chantier, indispensable, à conduire.

Débat sur Accessecurity

Réunis à Marseille, lors du salon international sûreté des accès AccesSecurity, différents professionnels en ont débattu et livré leurs avis sur le professionnalisme, la formation des agents, les contrôles de la profession, mais aussi l’évolution du rapprochement public et privé.

Tous ces spécialistes sont d’accord pour reconnaître que la mise en place du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) en décembre 2011 fut nécessaire et salvateur dans la profession. Ce dernier a contribuer à une moralisation des métiers de la sécurité privée.

Pour Patrick Levaye, délégué ministériel adjoint aux coopérations de sécurité au ministère de l’Intérieur « le CNAPS a contrôlé 3 600 entreprises en 2014,. Des manquements ont été relevés, mais avec le temps la profession devient plus mature. Elle se moralise et se professionnalise. Il est vrai qu’auparavant le secteur de la nuit a connu un grand laisser-aller. Désormais, globalement, les entreprises intègrent qu’il faut respecter des règles ».

Comme le rappelle Thierry Delville, délégué ministériel aux industries de la sécurité au ministère de l’Intérieur, « il y a aujourd’hui plus d’agents de sécurité privée que de policiers. Il était tant que la profession devienne plus mature ».

Les attentats contre Charlie Hebdo et les cyberattaques contre des médias ont modifié la façon dont les gens appréhendent les besoins de sécurité. « Ils en veulent plus et ils sont prêts à perdre un peu de leur liberté pour cela. A nous de positionner le curseur au bon endroit » explique Alain Juillet, président du CDSE (Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises), « sans oublier que le niveau d’exigence augmente aussi ».

L’indispensable formation

La formation des agents a été au cœur des débats. Si tout le monde s’accorde à souhaiter des formations mieux organisées, pour Patrick de la Guéronnière, président de l’Agora des Directeurs Sécurité, « le CNAPS pourrait intégrer la supervision des formations dans son champ d’action ». Michel Mathieu, vice-président de l’USP (Union de la Sécurité Privée), membre de la CoESS, est clair « le milieu de la formation doit être plus pro. On a besoin de règles et de lois qui puissent définir la formation. Aujourd’hui 400 des 700 organismes de formation fonctionnent en dehors de tout contrôle, de tout référentiel. La formation est encore une zone noire du métier, nous devons ensemble faire changer cela, c’est important ».

L’indispensable réforme de la formation doit s’accompagner d’une meilleure reconnaissance des métiers du secteur, Patrick Levaye a alors précisé « le ministère prépare des films promotionnels sur le métier, il faut aussi instituer des postes de managers intermédiaires pour valoriser le secteur. Nous travaillons aussi sur un texte législatif pour que le CNAPS puisse travailler sur la formation ».

Un rapprochement public-privé

Entre les besoins exponentiels ou encore les grands événements qui se profilent (Euro 2016, JO, Exposition Universelle…) il va être de plus en plus important de bien mêler ressources humaines et moyens techniques nouveaux (vidéo-intelligente, drone…). Patrick Levaye estime que « la mise en place de Vigipirate renforcé épuise et va épuiser les hommes. On doit donc réussir à trouver une manière adaptée de travailler tous ensemble. Chacun sachant où est l’autre (CRS, policiers, gendarmes, police municipale, agents privés) et chacun restant dans son rôle précis tout en connaissant le rôle des autres ».

Un avis partagé par Michel Mathieu « nous avons besoin d’organiser la responsabilité de la sécurité privée. Par exemple une partie des gardes statiques devant des maisons de personnalités sont aujourd’hui assurées par des gendarmes ou des policiers, mais en respectant des règles précises elles pourraient être dévolues au secteur privé ».

Pas de doute la sécurité privée est en pleine évolution, il lui reste des progrès pour être complètement mature, mais ses acteurs s’emploient à y parvenir.


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