Centre de formation d'excellence à la plongée militaire

Centre de formation d'excellence à la plongée militaire

Dans son Centre international de formation à la plongée militaire, DCI forme des plongeurs-démineurs des marines amies. Des stages intensifs pour préparer les sous-officiers à intervenir partout dans le monde.

L'école de plongée militaire de DCI vient de prendre possession d’une nouvelle infrastructure en ouvrant son Centre international de formation à la plongée militaire (CIFPM) à Saint-Mandrier (83), sur le site de l'école de plongée de la Marine nationale.

L’amiral Bruno Nielly, directeur de DCI-NAVFCO, se dit «... heureux de la création de ce nouveau centre qui confirme la proximité de DCI avec l’école de plongée de la Marine nationale. Cela renforce 11 années de fructueuse coopération et laisse présager une mutualisation des moyens et des hommes au service des marines amies. »

Une école reconnue

C'est dans les années 90, pendant la première guerre du Golfe, que des anciens plongeurs-démineurs, qui sont en mission de dépollution pour NAVCO, lancent, à leur retour, l'idée de mettre en place une école de plongée et un centre de formation de démineur.

L'idée va germer et, une dizaine d'années ans plus tard, en 2003, une équipe est mise en place et travaille pour mettre au point les cours des futurs stagiaires, en se basant sur les dossiers pédagogiques de la renommée école de plongée de la Marine ; la mise en place de l'école de DCI se faisant dès le départ sous la tutelle de la Marine nationale.

Plongée, travaux sous-marins, déminage... les premiers stagiaires de janvier 2004, des Koweïtiens, vont tout apprendre.

Dans la Marine nationale, pour devenir plongeur de bord – présents sur tous les navires – la formation dure 5 semaines. À l'issue, les meilleurs candidats peuvent prétendre à la formation de démineur. Le Brevet d'aptitude technique (BAT) dure alors 9 mois, les plongeurs opèrent de 0 à 80 m de profondeur. De retour dans leurs unités, ils devront faire leurs preuves et acquérir leurs premières années d'expérience avant de revenir à l'école, deux à trois ans plus tard, pour préparer le Brevet supérieur (BS) d'une durée d'un an.

Pour Gilles Quesney, chef de service et chef d'établissement opérationnel de DCI, « il n'est pas possible de calquer ce mode de fonctionnement pour nos stagiaires qui viennent de l'étranger. Nous avons alors découpé le BAT et une partie du BS pour en faire des modules plus adaptés à leur disponibilité. Nous avons ainsi des marins koweïtiens qui sont déjà venus 6 fois ici pour suivre l'intégralité du cursus. »

Chercher, identifier, détruire

Concrètement, pour passer l'équivalent du BAT, qui s'appelle ici le OED Level One, les stagiaires sont formés de manière intensive pendant 21 semaines avec 80 plongées au programme. « Ils doivent se familiariser avec le matériel et être totalement à l'aise lors des manipulations dans l'eau. » Ensuite, ils peuvent réaliser une formation de manager pour diriger une équipe de plongée en tant que directeur de plongée et chef de mission. Ils sont alors prêts à partir n’importe où dans le monde avec une équipe constituée.

La formation en génie de travaux sous-marins, elle, s'étale sur 10 semaines. Au programme, travaux de soudure, découpage, meulage... « Tout ce que l'on peut faire sur terre, nos stagiaires apprennent à le faire dans l'eau... jusqu'à 50 m de profondeur. » Une progression est nécessaire, validée par trois niveaux de compétences.

Enfin, pour acquérir la certification de plongeur-démineur, les stagiaires passent 13 semaines à étudier le démantèlement et la neutralisation des engins explosifs conventionnels. Sachant que si les munitions sont inertes, les explosifs sont, eux, bien réels. 10 plongées seront effectuées pendant cette formation.

Le métier de plongeur-démineur, c'est « chercher, identifier, détruire, des munitions conventionnelles que l'on trouve sous l'eau », précise Gilles Quesney, et de poursuivre : « En cours, pour les interventions sur les munitions explosives, on ne peut pas les démonter sous l'eau, les contraintes sont trop nombreuses. En général, une mine sous l'eau peut être acoustique, dépressionnaire ou magnétique. On va alors mettre une petite charge explosive à une certaine distance et lui donner une impulsion pour noyer sa partie électronique. On la laisse ensuite reposer et 4 à 5 jours, après, on va la sortir de l'eau. Passé ce délai, on peut alors intervenir et la démonter », précise Gilles Quesney.

La force reconnue de la doctrine des plongeurs français est leur autonomie et faculté d'adaptation. « Nous sommes, comparativement à d'autres unités, opérationnels plus rapidement. Nos matériels, des DC 55 et des CRABE d'Aqua Lung, sont très performants. Les plongeurs de la Marine les connaissent parfaitement bien. Ils sont sans électronique, ce qui nous permet de nous mettre à l'eau et au travail plus vite. À la différence des Allemands et des Anglais, qui sont, eux, toujours reliés à la surface, chez nous, les plongeurs sont autonomes, mais ils plongent toujours par deux. » Ces appareils présentent aussi l'avantage indispensable d'être discret, amagnétique et non acoustique face aux mines.

L'école peut recevoir 30 plongeurs par an sur 4 stages. Elle dispose de 3 embarcations semi-rigides de 7,40 m avec des moteurs de 250 Ch et une capacité de 18 plongeurs équipés. À la fin de l'année, elle sera dotée d'un nouveau bateau en aluminium de 10 m pour augmenter sa capacité lors des travaux sous-marins. À son bord, sont prévus compresseur, surpresseur et narguilé pour le travail avec le casque.

Le Qatar, la Slovénie, le Koweït et la Malaisie ont déjà envoyé au total près de 350 sous-officiers de marine suivre cette formation d'excellence qui permet aux armées amies de disposer de chefs d'équipe capables de diriger et réaliser des travaux sous-marins et reconnaître, identifier, neutraliser et détruire des munitions explosives.  

Dans son Centre international de formation à la plongée militaire, DCI forme des plongeurs-démineurs des marines amies. Des stages intensifs pour préparer les sous-officiers à intervenir partout dans le monde.

 

L'école de plongée militaire de DCI vient de prendre possession d’une nouvelle infrastructure en ouvrant son Centre international de formation à la plongée militaire (CIFPM) à Saint-Mandrier (83), sur le site de l'école de plongée de la Marine nationale.

L’amiral Bruno Nielly, directeur de DCI-NAVFCO, se dit «... heureux de la création de ce nouveau centre qui confirme la proximité de DCI avec l’école de plongée de la Marine nationale. Cela renforce 11 années de fructueuse coopération et laisse présager une mutualisation des moyens et des hommes au service des marines amies. »

 

Une école reconnue

C'est dans les années 90, pendant la première guerre du Golfe, que des anciens plongeurs-démineurs, qui sont en mission de dépollution pour NAVCO, lancent, à leur retour, l'idée de mettre en place une école de plongée et un centre de formation de démineur.

L'idée va germer et, une dizaine d'années ans plus tard, en 2003, une équipe est mise en place et travaille pour mettre au point les cours des futurs stagiaires, en se basant sur les dossiers pédagogiques de la renommée école de plongée de la Marine ; la mise en place de l'école de DCI se faisant dès le départ sous la tutelle de la Marine nationale.

Plongée, travaux sous-marins, déminage... les premiers stagiaires de janvier 2004, des Koweïtiens, vont tout apprendre.

Dans la Marine nationale, pour devenir plongeur de bord – présents sur tous les navires – la formation dure 5 semaines. À l'issue, les meilleurs candidats peuvent prétendre à la formation de démineur. Le Brevet d'aptitude technique (BAT) dure alors 9 mois, les plongeurs opèrent de 0 à 80 m de profondeur. De retour dans leurs unités, ils devront faire leurs preuves et acquérir leurs premières années d'expérience avant de revenir à l'école, deux à trois ans plus tard, pour préparer le Brevet supérieur (BS) d'une durée d'un an.

Pour Gilles Quesney, chef de service et chef d'établissement opérationnel de DCI, « il n'est pas possible de calquer ce mode de fonctionnement pour nos stagiaires qui viennent de l'étranger. Nous avons alors découpé le BAT et une partie du BS pour en faire des modules plus adaptés à leur disponibilité. Nous avons ainsi des marins koweïtiens qui sont déjà venus 6 fois ici pour suivre l'intégralité du cursus. »

 

Chercher, identifier, détruire

Concrètement, pour passer l'équivalent du BAT, qui s'appelle ici le OED Level One, les stagiaires sont formés de manière intensive pendant 21 semaines avec 80 plongées au programme. « Ils doivent se familiariser avec le matériel et être totalement à l'aise lors des manipulations dans l'eau. » Ensuite, ils peuvent réaliser une formation de manager pour diriger une équipe de plongée en tant que directeur de plongée et chef de mission. Ils sont alors prêts à partir n’importe où dans le monde avec une équipe constituée.

La formation en génie de travaux sous-marins, elle, s'étale sur 10 semaines. Au programme, travaux de soudure, découpage, meulage... « Tout ce que l'on peut faire sur terre, nos stagiaires apprennent à le faire dans l'eau... jusqu'à 50 m de profondeur. » Une progression est nécessaire, validée par trois niveaux de compétences.

Enfin, pour acquérir la certification de plongeur-démineur, les stagiaires passent 13 semaines à étudier le démantèlement et la neutralisation des engins explosifs conventionnels. Sachant que si les munitions sont inertes, les explosifs sont, eux, bien réels. 10 plongées seront effectuées pendant cette formation.

Le métier de plongeur-démineur, c'est « chercher, identifier, détruire, des munitions conventionnelles que l'on trouve sous l'eau », précise Gilles Quesney, et de poursuivre : « En cours, pour les interventions sur les munitions explosives, on ne peut pas les démonter sous l'eau, les contraintes sont trop nombreuses. En général, une mine sous l'eau peut être acoustique, dépressionnaire ou magnétique. On va alors mettre une petite charge explosive à une certaine distance et lui donner une impulsion pour noyer sa partie électronique. On la laisse ensuite reposer et 4 à 5 jours, après, on va la sortir de l'eau. Passé ce délai, on peut alors intervenir et la démonter », précise Gilles Quesney.

 

La force reconnue de la doctrine des plongeurs français est leur autonomie et faculté d'adaptation. « Nous sommes, comparativement à d'autres unités, opérationnels plus rapidement. Nos matériels, des DC 55 et des CRABE d'Aqua Lung, sont très performants. Les plongeurs de la Marine les connaissent parfaitement bien. Ils sont sans électronique, ce qui nous permet de nous mettre à l'eau et au travail plus vite. À la différence des Allemands et des Anglais, qui sont, eux, toujours reliés à la surface, chez nous, les plongeurs sont autonomes, mais ils plongent toujours par deux. » Ces appareils présentent aussi l'avantage indispensable d'être discret, amagnétique et non acoustique face aux mines.

L'école peut recevoir 30 plongeurs par an sur 4 stages. Elle dispose de 3 embarcations semi-rigides de 7,40 m avec des moteurs de 250 Ch et une capacité de 18 plongeurs équipés. À la fin de l'année, elle sera dotée d'un nouveau bateau en aluminium de 10 m pour augmenter sa capacité lors des travaux sous-marins. À son bord, sont prévus compresseur, surpresseur et narguilé pour le travail avec le casque.

 

Le Qatar, la Slovénie, le Koweït et la Malaisie ont déjà envoyé au total près de 350 sous-officiers de marine suivre cette formation d'excellence qui permet aux armées amies de disposer de chefs d'équipe capables de diriger et réaliser des travaux sous-marins et reconnaître, identifier, neutraliser et détruire des munitions explosives.  


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