Le risque d’usurpation d’identité passe avant celui de la fraude bancaire

Le risque d’usurpation d’identité passe avant celui de la fraude bancaire

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En 2015, Fellowes poursuit sa campagne de sensibilisation sur les risques d’usurpation d’identité. Pour ce 6e volet présenté à quelques semaines du salon Cartes secure connexions... la firme se concentre sur la perception des français du risque d'usurpation d'identité, en opposant papier & internet... et les résultats sont surprenants !

C'est dans les quartiers chics de Paris que Fellowes & ObSoCo ont présenté leurs résultats en présence de Christophe NAUDIN, enseignant chercheur à l’Université Paris II, Panthéon-Assas,  consultant international spécialiste de la sûreté et de la protection du transport aérien et du contrôle documentaire.

La criminalité identitaire, un problème secondaire...

Ce dernier a présenté les chiffres de la criminalité identitaire.  En 2014, les services de l'Etat recensaient 14 060 faits constatés et plaintes déposées. Un chiffre à prendre avec précaution. 

« L'activité policière ne reflète en aucun cas la réalité d'un phénomène criminel » souligne Christophe Naudin. « Par nature, la criminalité identitaire a pour objectif de se dissimuler. L'infraction n'existe que depuis mars 2011... et il faut plusieurs années avant de se rendre compte de l'usurpation... Entre 2 et 20 ans pour les plus malchanceux... Les infractions découvertes à l'étranger ne sont quant à elles pas comptabilisées dans les statistiques françaises. »

En 10 ans, le chercheur explique que les services de l'Etat ont recencé 657000 saisies de faux documents. Et d'ajouter « nous n'avons évidemment pas saisi 100 % des faux documents en circulation... » C'est dire l'ampleur du phénomène... Selon Christophe Naudin, la criminalité identitaire est, en 2012, la deuxième infraction en France devant les cambriolages (333 338 en 2011) et derrière le vol de véhicule (552 125 en 2011) - Source : Etat annuel 2001 DCPJ - Ministère de l’intérieur.

Pour autant, en cas d'infraction connexe, la criminalité identitaire est considérée comme secondaire au tribunal. « Ce qui explique un chiffre aussi bas en matière d'usurpation d'identité. » souligne le chercheur. 

Tordre le cou aux idées reçues

Sur les 14 060 faits constatés, 99 % concernent des usurpations réalisées sur la base de documents papiers ou copies de documents. Si les documents d’identité centraux (carte d’identité, passeport, permis de conduire) étaient auparavant les plus convoités, pour la plupart frauduleusement créés, ce sont désormais les copies des documents connexes qui sont aujourd’hui ciblés : actes de naissance, copies de fiches de paie, copies de pièces d’identité ou encore copies de factures. Sur le parc actuel de 30 millions de cartes d’identité en France, on estime environ 10% d’entre elles « douteuses ».

Surprenant donc ! Quand on pense fraude à l'identité, on pense évidemment à l'essor du numérique et à la cybercriminalité... C'est alors la différence entre la perception du risqué et la réalité. Les français sont en effet 66% à juger le risque internet plus élevé que le risque papier... 49% estiment par ailleurs qu’il est plus risqué de transmettre des informations personnelles par Internet – contre seulement 4% qui jugent au contraire que les documents papier sont plus risqués.

Focalisés sur les données numériques, ils sous-estiment les risques liés aux documents papier. Cette sous-estimation du risque papier est d’autant plus paradoxale que, contrairement à l’idée reçue, la tendance à la dématérialisation des documents n’a pas provoqué une diminution des échanges par l’intermédiaire de documents papier. Et cette perception faussée influence les comportements et le phénomène criminel...

 67% des Français déclarent ainsi avoir communiqué des informations personnelles par Internet à une organisation au moins une fois au cours des 12 derniers mois alors que 80% affirment avoir fourni au moins un document papier contenant des informations personnelles à une organisation au cours des 12 derniers mois... 

Le risque d’usurpation d’identité passe avant celui de la fraude bancaire

Mises en avant par les polémiques récurrentes de piratages et de vols de données, les pratiques de gestion des informations personnelles par les entreprises et les administrations sont regardées de près par les Français, qui sont désormais plus de 90% à considérer qu’il est important que celles-ci détruisent systématiquement tous les documents papier sensibles une fois qu’elles n’en ont plus l’utilité.

La perception du risque lié à l’exploitation des données personnelles est tirée par deux risques principaux : la fraude à la carte bancaire citée par 37% des individus interrogés comme le risque le plus préoccupant et l’usurpation d’identité (42%) qui arrive en première position des 7 types de risques proposés.

Limiter les risques d’usurpation d’identité

Une série de mesures est alors préconisée pour limiter les risques :  Surveiller la bonne réception des factures courantes (EDF, France Télécom...) et du courrier en général ; Mettre des signes de sécurité sur toutes les copies de documents que vous envoyez à des tiers ; Examiner soigneusement vos relevés de compte bancaire pour détecter rapidement la moindre anomalie ;  Détruire systématiquement avec un destructeur de documents (de préférence coupe croisée), les documents de l’assurance maladie, les chèques annulés, les impressions comportant vos coordonnées, les reçus de carte de crédit et les justificatifs de paiement, Ne jamais conserver le code confidentiel d’une carte, un mot de passe ou un numéro d’assurance sociale dans son portefeuille, utiliser une adresse email « informelle jetable » pour remplir toutes les demandes d’inscriptions à des comptes divers,  Toujours cocher la case « je refuse que mes données personnelles figurent dans le fichier informatisé de la société » et Ne jamais accepter de laisser vos documents d’identité ou de voyage à des hôtesses d’accueil ou des agents de sécurité en échange d’un badge, y compris dans les locaux de l’administration. C’est illégal !

En attendant des mesures et un arsenal juridique adaptés au problème, il faut miser sur la prévention, la vigilance. Mais Christophe Naudin prévient « Le problème ne va pas aller en s'améliorant ! ». La solution de l'avenir est selon lui le développement de la biométrie multimodale. « La biométrie permettra plus de sécurité, mais aussi plus de liberté individuelles et collectives. »


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