Le stockage : puissant levier de valorisation des données de surveillance

Le stockage : puissant levier de valorisation des données de surveillance

Par Gabriel Chaher, Vice-Président ventes EMEA – Quantum

La plupart des entreprises possèdent une infrastructure de stockage inadaptée à la collecte active de renseignements et au partage de données. Pour que la vidéosurveillance joue un rôle plus important dans la veille décisionnelle, le mode de gestion de ces données devra subir une profonde transformation.

Pendant des années, la vidéosurveillance a permis d’assurer la sécurité des personnes et de lutter contre le vol. Aujourd’hui, elle ne se limite plus à l’observation passive ni à la prévention des pertes. Grâce aux caméras IP capables de transmettre en continu des images haute résolution d’une grande netteté et aux outils avancés d’analyse vidéo, la surveillance a atteint un tel degré de perfectionnement qu’un plus large éventail de divisions d’entreprise se tourne désormais vers les données de surveillance pour la veille décisionnelle. Bien que l’utilisation des données de surveillance ouvre de fabuleuses perspectives, les départements informatiques doivent commencer par réfléchir à la façon dont ils assureront leur stockage.

Dans le cas du commerce de détail, par exemple, le développement des ventes passe par une bonne compréhension du comportement des consommateurs. Plus l’entreprise comprend ses acheteurs potentiels, plus elle peut leur offrir une expérience d’achat satisfaisante. Finies les visites des « clients mystère » sur le point de vente. Des informations telles que le taux de fréquentation, les déplacements des clients dans les magasins et la capacité des supports promotionnels à attirer l’attention du consommateur sont désormais directement enregistrées par les caméras de surveillance. Ces données, ainsi que celles provenant d’autres sources, telles que les systèmes de point de vente, permettent aux commerçants de prendre de meilleures décisions en matière d’aménagement des magasins, de supports publicitaires et de promotions marketing ciblées afin d’accroître à la fois leurs ventes et la satisfaction des clients.

Dans le secteur du transport maritime, optimiser l’acheminement des marchandises depuis et vers les ports revêt une importance capitale. Grâce à l’exploitation conjointe des données de surveillance et des radio-étiquettes (RFID) apposées sur les conteneurs, les entreprises peuvent analyser les modèles de trafic afin d’améliorer le flux des marchandises et de réduire les coûts opérationnels. De la même manière, la combinaison des données de surveillance et de celles fournies par des technologies de capteurs comme la radio-identification permet d’assurer la traçabilité des matériaux sur les sites de production pour réduire les coûts et éliminer toute forme de gaspillage.

Ce ne sont là que quelques exemples, mais une chose est sûre : compte tenu du volume croissant d’enregistrements de surveillance et du niveau de détail des images, les « données de surveillance » jusqu’à présent utilisées pour la prévention des pertes cèdent rapidement la place à ce que l’on appelle désormais les « données vidéo », lesquelles sont exploitées à d’autres fins métier. Conscients du potentiel des données vidéo, de nombreux éditeurs de solutions d’analyse de premier plan ont déjà commencé à compléter leur offre purement axée sur la sécurité, comme la détection des événements et les alertes, avec des fonctions d’analyse davantage orientées métier (taux de fréquentation, tendances en matière de déplacement, etc.). Selon le cabinet d’études et de conseil IHS, le marché mondial de l’analyse vidéo et de la vidéosurveillance intelligente devrait connaître un taux de croissance annuel moyen de 14%, passant ainsi à 22 milliards de dollars en 2020.

Tirer un avantage économique des données de surveillance est une tâche difficile. La plupart des entreprises possèdent une infrastructure de stockage inadaptée à la collecte active de renseignements et au partage de données. Pour que la vidéosurveillance joue un rôle plus important dans la veille décisionnelle, le mode de gestion de ces données devra subir une profonde transformation.

Un équilibre vital entre performances, coûts et accessibilité

L’analyse des données sur le long terme permet de dégager des tendances et des schémas. Autrement dit, plus la durée de rétention des données est élevée, plus le résultat des analyses est pertinent et plus l’entreprise est à même de prendre des décisions efficaces. Ce principe s’applique aux données de surveillance. L’infrastructure de stockage est malheureusement trop souvent négligée au moment de l’achat d’une solution de vidéosurveillance. Pour ne pas grever leur budget, les entreprises font donc des compromis entre durée de rétention, performances et accessibilité. Pour nombre d’entre elles, cela se traduit par une infrastructure de stockage incapable d’exploiter les données de surveillance dans le cadre de la veille décisionnelle.

Pour une efficacité maximale du système de surveillance, l’infrastructure de stockage doit pouvoir traiter en parallèle plusieurs flux de données haut débit sans aucune perte de données. Plus la définition des caméras installées est élevée, plus les besoins en bande passante et en capacité de traitement seront grands. Dans le cas d’analyses complexes, l’infrastructure de stockage doit être capable d’ingérer rapidement les données, mais aussi d’accéder instantanément aux fichiers de données, de les traiter et de fournir au plus vite les renseignements nécessaires à une prise de décision adéquate. Mais si les performances et l’accès constituent des enjeux importants, la maîtrise des coûts l’est tout autant.

Il est important de trouver un juste équilibre entre coûts et rétention à long terme des données à des fins d’analyse. Par exemple, la mise en œuvre d’une infrastructure de stockage sur disque monolithique offrira certes de bonnes performances, mais engendrera des coûts prohibitifs et des îlots de stockage, rendant la rétention à long terme des données totalement inabordable d’un point de vue économique. Bien que l’archivage des fichiers de données les plus anciens sur des médias moins onéreux, comme les bandes, puisse contribuer à réduire les coûts, cette solution ne facilite pas la traçabilité des données ni l’exécution des analyses.

Pour une conservation à moindre coût des fichiers de données vidéo, avec accès et restitution rapides en vue d’une analyse ultérieure, la meilleure approche consiste à déployer une infrastructure de stockage multiniveau hautes performances gérable à partir d’un seul et même système. La mise en place d’une architecture multiniveau permet de stocker les fichiers vidéo sur le média le plus économique (disque primaire, disque secondaire, bande, stockage objets ou instance Cloud) en fonction des règles définies par l’utilisateur. Une fois ces règles établies, le système gère le transfert des données entre les niveaux de stockage sans toucher aux métadonnées. Non seulement les fichiers vidéo sont conservés plus longtemps, mais il est possible de les rechercher et d’y accéder facilement via une vue de système de fichiers unique, de quoi réduire les coûts de stockage et optimiser l’exécution des analyses.

L’analyse métier aide l’entreprise à exploiter le formidable potentiel économique des données de surveillance. Pour y parvenir de manière efficace, une condition s’impose : disposer d’une infrastructure de stockage économique pour une rétention à long terme des données et un accès aisé et rapide aux fichiers de données et à leurs métadonnées. C’est pourquoi le choix de l’infrastructure de stockage doit être mûrement réfléchi lors de la phase d’évaluation de toute solution de surveillance, en ayant à l’esprit les performances, l’accessibilité et les coût


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