L’Assemblée parlementaire de l’Otan appelle à renforcer la défense collective pour dissuader la Russie

L’Assemblée parlementaire de l’Otan appelle à renforcer la défense collective pour dissuader la Russie

Fondée en 1955 pour permettre aux parlementaires de débattre des sujets liés à la sécurité dans un cadre transatlantique, l’Assemblée parlementaire de l’Otan (AP-OTAN) est, contrairement aux apparences, totalement indépendante de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord.

Réunis pour une session de trois jours à Tirana (Albanie), 250 parlementaires des 28 pays membres de l’Alliance ont adopté, à l’unanimité, une déclaration déplorant l’usage de la force par la Russie contre ses voisins ainsi que les tentatives d’intimidation de cette dernière contre les alliés de l’Otan.

Parmi ces « tentatives d’intimidation », l’on peut citer (entre autres) les menaces proférées à l’égard du Danemark ou encore les vols répétés de bombardiers stratégiques à proximité immédiate de l’espace aérien de l’Otan.

« L’attitude plus agressive de la Russie en Europe orientale ainsi que le fait que ce pays se soit posé en adversaire de l’Otan requièrent une attention soutenue sur le plan budgétaire, mais également une manifestation de détermination politique », ont ainsi souligné les parlementaires.

Aussi, est-il affirmé dans la déclaration adoptée à Tirana, « dans ces circonstances, l’Otan n’a pas d’autre choix que de considérer l’éventualité d’une action agressive de la Russie contre un membre de l’Alliance comme une menace potentielle, et d’adopter des réponses adaptées et proportionnées. »

Et, à quelques semaines du sommet de Varsovie, au cours duquel des décisions devront être prises au sujet du renforcement des mesures de « réassurance » décidées après l’annexion de la Crimée en 2014 au profit des États baltes et de la Pologne, l’AP-OTAN appelle les alliés « à d’adopter des réponses adaptées et proportionnées » face à la menace potentielle que représente la Russie.

En outre, les parlementaires ont préconisé d’approfondir le partenariat de l’Otan avec la Suède et la Finlande, afin de renforcer la sécurité dans la région de la mer Baltique, où l’armée russe a augmenté significativement ses activités au cours de ces derniers mois.

Cela étant, et d’après sa doctrine militaire révisée en décembre 2014, la Russie considère l’Otan non pas comme une « menace potentielle » mais comme une « menace fondamentale ». Et, la tentative de dialogue dans le cadre du Conseil Otan-Russie (COR), en avril, n’a permis que de constater les désaccords entre les Alliés et Moscou.

Par ailleurs, l’AP-OTAN a également souligné que le « conflit en Syrie – auquel participe aussi la Russie – a favorisé une intensification du terrorisme, ainsi que l’émergence d’une crise des migrants qui a suscité des divisions entre les pays européens quant à la réponse à apporter. »

« Alors que Daesh perd du terrain en Irak et en Syrie, il tente de prendre pied dans d’autres régions, du Yémen à la Libye », a rappelé Ojars Eriks Kalnins (Lettonie), un des deux-vice-présidents de la session de printemps de l’AP-OTAN. « Son idéologie haineuse continue d’attirer certains de nos propres citoyens, et d’inspirer les attaques horribles dans nos villes », a-t-il ajouté.

Aussi, l’AP-OTAN plaide pour un soutien accru aux pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, ce qui pourrait passer par des partenariats « plus étroits » avec certains d’entre eux.

Enfin, pour faire face à ces menaces, l’AP-OTAN a souligna=é, à nouveau, la nécessité pour les membres de l’Otan de porter leurs dépenses militaires à 2% de leur PIB. Or, comme l’a fait remarquer le sénateur français Jean-Marie Bockel, auteur d’un rapport sur « incidences budgétaires des nouveaux défis lancés à la sécurité transatlantique », cet objectif est encore loin d’être atteint.

« L’environnement sécuritaire évolue vite, et nos forces armées ont besoin de ressources suffisantes pour pouvoir s’adapter », a fait valoir M. Bockel, devant la commission de l’économie et de la sécurité de l’AP-OTAN. 

« Nous devons relever le défi des nouvelles technologies, suivre les évolutions et nous adapter aux nouvelles formes de combat », a-t-il ajouté. Ce qui passe par un effort sur la défense aérienne et antimissile, la projection de forces, les drones, la contre-propagande et la cyberdéfense.


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