Développement export : les entreprises françaises reçues au MAE

Développement export : les entreprises françaises reçues au MAE

En juin 2014, la DCSD développait une nouvelle stratégie en créant la Section Liaison Entreprises (SLE). Son objectif est de soutenir les entreprises françaises du domaine « sécurité-défense » dans leurs activités d’exportation en leur faisant bénéficier du réseau des attachés de défense et attachés de sécurité intérieur présents dans le monde entier. 

Pour exercer ses missions, la SLE s’est notamment dotée de deux outils :

  • le référentiel entreprises qui compte aujourd'hui 327 sociétés dont 80 % sont des PME-ETI et recense les offres et implantations de ces entreprises françaises, diffusé dans au sein du réseau diplomatique,
  • le pacte de coopération, basé sur une charte éthique, nouvel instrument technique et juridique destiné à développer et formaliser le lien avec certaines entreprises.

 

Des rencontres sont ainsi organisées par la DCSD chaque année avec les acteurs économiques de la sphère sécurité et défense.  

Focus sur la dernière en date qui s'est tenue à quelques jours d'Eurosatory, dans l'un des joyaux architecturaux de notre patrimoine - l'hôtel du Ministre du Ministère des Affaires étrangères.

La journée du 24 mai fut donc consacrée à favoriser les rencontres et les perspectives de coopération future entre les acteurs économiques de toutes tailles et actifs dans une vaste palette de secteurs d’activités, et les militaires français amenés à servir en qualité d'attachés de défense. Illustration du développement des partenariats qui s'opèrent entre public et privé, ces échanges et ces rencontres, encore impensables il n'y a pas si longtemps, reflètent à la fois la prise de conscience des plus hautes autorités de l'Etat mais aussi de l'implication concrète de tous les acteurs. 

Synergies fructueuses

La diplomatie économique, rappelle t-on au sein de la DCSD, repose sur une approche holistique et ne consiste pas « à développer un quelconque réflexe mercantiliste ». Pas question donc de placer à tout prix des produits français, « au détriment de l’éthique et du sens du service ». Il s’agit en revanche « de développer des synergies fructueuses » avec des acteurs économiques français ou européens « afin de mieux connaître les produits qu’ils offrent et qui sont susceptibles de contribuer au renforcement des capacités et à la consolidation des secteurs de sécurité et de défense dans les pays hôtes ». Pays hôtes qui restent les seuls décideurs de ce qui peut correspondre à leurs propres besoins. « L’appropriation est naturellement centrale. » 

Speed business meetings

Après une présentation rapide des entreprises présentes, les RDV BtoB s'enchainent. Ultra-tendance, c'est le format du speed dating version business qui est retenu. « Nous avons 10 minutes pour présenter notre entreprise aux futurs AD. Il faut aller à l'essentiel. Etre précis et expliquer les besoins auxquels nous pouvons répondre et présenter une ou deux références significatives » souligne une PME.

Une version qui semble plaire aux quelques 77 entreprises présentes dont certaines sont concurrentes. « Cet aspect concurrentiel est une réalité que nous ne nions pas évidemment. Mais notre rôle au sein de la DCSD est de faire se rencontrer les entreprises, et les représentants de la diplomatie française pour qu'ils se connaissent mieux, et puissent travailler intelligemment ensemble. » souligne le lieutenant-colonel en charge de cette journée.

Former une équipe de France donc, pour répondre à des besoins globaux dans des pays porteurs est un appel à vœu ancien... toujours d'actualité... Mais un vœu – pour l'heure – qui reste pieu, malgré toutes les bonnes volontés... « Des journées comme celle-ci sont des RDV d'exception pour nous. Nous avons le privilège d'échanger dans un environnement favorable et d'avoir le bon interlocuteur en face de nous, sans perdre de temps. C'est un élément clef pour une petite structure comme la notre dont l'ambition est de prendre des parts de marchés dans certains pays d'Afrique notamment. »

Cette année, les demandes des entreprises se sont portées vers le Sénégal avec 53 demandes émises de la part des sociétés présentes, suivi par le Cameroun, Congo Brazzaville et le Gabon. Sous la barre des 30 demandes, le Niger, le Burkina Faso, le Pérou, le Qatar et la Mauritanie tirent tout de même leur épingle du jeu et s'affichent comme les cibles privilégiées des entreprises françaises à l'export.

 

Les intérêts de la France

Le lien entre diplomatie économique et coopération de sécurité et de défense est aussi dans l’intérêt de la France. Développer cet effort de coopération en matière de sécurité et de défense démontre l'espérance d'un effet de levier bénéfique, in fine, pour notre propre sécurité. Une sécurité intérieure et extérieure qui passe par un renforcement des capacités des pays hôtes et qui représente un soutien direct en faveur de la croissance et des emplois dont la France a bien besoin.

Pour l'heure, une nouvelle stratégie d’appels d’offre internationaux a été pensée afin de simplifier et d’encourager la candidature des entreprises françaises. Le but de la diplomatie économique dans ce domaine est de soutenir les entreprises françaises sur les marchés extérieurs, en travaillant notamment à adapter le cadre de régulation européen et international à la défense des intérêts économiques de la France.

A l’écoute des entreprises, le ministère des affaires étrangères souhaite ouvrir ses portes aux entreprises en amont des négociations internationales...


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