L’identité dans le monde digital est au coeur de la transformation numérique

TRUSTECH – CANNES – Au coeur de cette transformation digitale mondiale, les gouvernements doivent penser ou repenser leurs modèles de gouvernance afin de répondre aux attentes d’une société en profonde mutation recentrée autour du citoyen. Les usages plébiscités par ces derniers tout comme leurs aspirations et leurs exigences se font forts. Au coeur des enjeux : la confiance et l’identité numérique sans lesquelles aucune économie moderne ne peut exister.

Rencontre avec DIDIER TRUTT, PDG D’IN Groupe.

Une identité légale et officiellement reconnue est en effet la clé de voute de l’économie numérique. Inclusive, garante de la protection des droits pour des milliards d’individus, elle doit aussi permettre l’émergence d’un écosystème large de services publics et privés essentiels. C’est alors que les questions liées à l’identification, la vie privée, la protection des données, l’authentification et l’interopérabilité s’entrelacent avec l’énergie des gouvernements pour permettre l’émergence de services publics et privés efficaces, précis, proactifs et pertinents que le citoyen appelle de ses voeux.

Une question de souveraineté

Dans un monde de mobilité et d’échanges, les États font face à des défis croissants : sécuriser les frontières, reconnaître et protéger les citoyens, garantir le respect des droits de chacun, gérer et sécuriser les données, moderniser leur gouvernance. IN Groupe s’engage auprès des États en les accompagnant dans l’exercice de leur souveraineté et en leur permettant de mener à bien leurs missions.

Trois principes clés constituent le socle de cette souveraineté : la garantie de la reconnaissance de ses citoyens partout dans le monde grâce aux systèmes et documents d’identité, la protection de son territoire et de ses frontières, la confidentialité des données personnelles de sa population.

IN Groupe fournit ainsi à quelque 30 États, les moyens de délivrer une identité et à chaque citoyen, de la prouver et de la sécuriser, aux différentes étapes de sa vie. Alors que la plupart des pays européens sont déjà dotés de schémas d’identité numérique forte, la France n’a pas encore choisi et défini son modèle ou son écosystème. Véritable question de souveraineté, mais aussi de leadership sur des enjeux majeurs pour l’Europe de demain, la France devrait présenter prochainement la concrétisation de ses réflexions et études grâce aux travaux d’une mission interministérielle.

Une mise en oeuvre qui devra répondre à de nombreux enjeux, dont l’inclusion pour l’ensemble de la société et des populations. L’identité numérique française doit favoriser l’émergence d’un véritable écosystème public et privé basé sur une identité numérique pivot délivrée par l’Etat. Cette identité numérique pivot, de niveau élevé au sens du règlement eIDAS, pourrait avoir le visage d’une carte, d’un support physique donc, dérivable sur des solutions de mobilité comme, sans surprise, le smartphone. Aujourd’hui plus de 60 % des Français en sont équipés. Néanmoins, et bien que cela soit une majorité, qui tendra inévitablement à s’accroître, il est inenvisageable d’oublier les quelque 40 % qui ne sont pas connectés. Je pense très sincèrement que nous sommes dans une période de transition au visage hybride. Nous devons donc disposer d’un support physique allié à un double numérique, et d’un système d’identité numérique permettant d’adresser l’ensemble des niveaux de garantie prévus par le règlement eIDAS. Mais rappelons-nous que la réponse ici n’est pas technologique mais bien sociétale !

L’identité, un droit inaliénable

L’identité définit chaque individu ainsi que son caractère de citoyen, avec ses droits et ses devoirs : circuler librement, conduire, voyager, travailler, se loger, se faire soigner, obtenir des aides, voter… Pourtant, plus d’un milliard de personnes dans le monde en sont privées !

Dans une société où l’identité est clé, IN Groupe souhaite garantir à chacun le droit d’être lui-même. Unique. À l’ère du digital, des risques accrus d’usurpation d’identité, de la commercialisation des données personnelles, maîtriser et protéger l’identité sont plus que jamais des enjeux majeurs. Il y a aujourd’hui une mobilisation des forces vives en France.

Une initiative coordonnée, renforcée, qui s’inscrit dans le contexte du RGPD entré en application en mai dernier. Au niveau européen, cela se traduit sous la forme de standard en matière de protection des données. Avec le règlement eIDAS qui permet notamment la reconnaissance de l’identité numérique des citoyens dans un autre pays européen, l’interopérabilité tant plébiscitée est enfin active.

L’identité est un droit, inaliénable, à protéger contre toute monétisation, toute commercialisation, toute restriction d’accès.

Au contraire, chacun doit pouvoir s’identifier et avoir les moyens de pouvoir justifier de cette identité à chaque instant.

Il est essentiel de disposer du droit de faire valoir ses droits, d’exercer son métier, d’évoluer dans un monde sécurisé… de vivre dans la confiance au quotidien, tout simplement. En cela, nous avons initié une nouvelle signature « Le droit d’être soi » qui réaffirme l’engagement du Groupe auprès des Etats et de leurs citoyens.

De l’importance des services

La marque opère par ailleurs plusieurs plateformes e-administration dans le secteur privé et au bénéfice des administrations françaises, comme la plateforme Crit’air, la plateforme macaron VTC et carte professionnelle VTC ou encore la plateforme de délivrance de la Carte Mobilité Inclusion qui compte aujourd’hui plus d’un million de titres délivrés.

Nous avons confirmé notre leadership sur le secteur de l’identité sécurisée et signé en 2017 une année record en matière de production avec plus de 6 millions de passeports produits. L’intégration réussie de l’activité identité de Thales nous a permis de remporter plusieurs contrats importants : la mise en place des e-gates des aéroports de Lyon, Nice et Marseille intégrant reconnaissance biométrique et reconnaissance faciale, et le renouvellement de la gestion du système d’acquisition biométrique des titres électroniques sécurisés en France. C’est un aboutissement de la transformation numérique dans le contrôle aux frontières. Le parcours numérique global intègre alors une simplification du processus d’identification. Dans le monde, ce sont aujourd’hui près de 3 milliards de passagers qui circulent dans les aéroports. 15 % d’entre eux sont aujourd’hui équipés de sas automatiques. 65% devraient l’être d’ici à quatre ans… Dans 15 ans, ce devrait être près de 6 milliards de passagers à gérer… La question du passage aux frontières est donc un véritable enjeu pour les Etats. A l’export, les succès opérationnels et commerciaux ont également été nombreux avec une commande pluriannuelle de l’Uruguay, la mise en place de la plateforme ePassport, cartes de séjour, visas et passeports diplomatiques en République de Djibouti et la signature de l’avenant de la CNIe (carte nationale d’identité électronique) pour le Maroc. Le Groupe s’est par ailleurs implanté au Kenya ou en Malaisie et nous réalisons aujourd’hui 30% de notre chiffre d’affaires à l’export.

Dans ce contexte porteur, notre Groupe a initié une démarche de valorisation de son histoire, de ses savoir-faire et de sa capacité d’innovation. Nous avons ainsi adopté la marque IN Groupe qui nous permet d’être plus visibles sur le marché international et plus attractifs pour les nouveaux talents tout en renouvelant un engagement fort : le devoir de garantir le droit à l’identité dans ce monde dématérialisé.