Les citoyens au coeur de l’Europe de demain

Le mercredi 10 mars, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, Antonio Costa, premier ministre portugais assurant la présidence tournante de l’UE et David Sassoli, président du Parlement européen signent une déclaration commune lors d’une session plénière au Parlement européen. L’objectif : réaffirmer le rôle de l’Europe autour de la « conférence sur l’avenir de l’Europe ». Une décision motivée et soutenue par la première enquête Eurobaromètre, menée conjointement pour la Commission et le Parlement.

Par Catherine Convert

Des citoyens européens mieux intégrés dans les décisions

En juillet 2020, une enquête montrait que les citoyens européens avaient une meilleure connaissance de leurs droits électoraux, bien qu’une majorité de citoyens ait déclaré qu’ils auraient été « plus enclins à voter s’ils avaient disposé davantage d’informations, ou de meilleures informations sur les élections en général, et plus particulièrement sur l’incidence de l’UE sur leur vie quotidienne »1 . Il faut rétablir la confiance avec les citoyens et les inclure concrètement dans les différents processus, où « la parole des citoyens devrait être au coeur des débats sur la manière de relever les nouveaux défis internes et externes »2. En janvier 2020, des agoras thématiques permettaient d’impliquer les citoyens de tous horizons et de toute l’Europe pour décider de la réforme européenne. À cette occasion, David Sassoli a déclaré : « nous avons besoin de revoir tous les mécanismes de gouvernance démocratique suite aux élections européennes. Cela doit être fait en coopération avec les institutions nationales et en impliquant les citoyens dEurope. Nous entrons dans une nouvelle ère de réformes ». Bien que la conférence devait être lancée en mai 2020, son lancement en mars 2021 reste une nécessité.

Un nouveau cap vers la coopération intersectorielle

L’un des premiers résultats probant concerne l’implication des citoyens dans les prises de décisions en Europe, avec 92% des répondants. De ce fait, les résultats du futur organe européen sont particulièrement attendus. Selon le baromètre, 76% des répondants restent optimistes sur son incidence politique positive et sur le progrès démocratique significatif qu’il représenterait. Les participants de l’enquête attendent une Europe plus inclusive, où les jeunes, les experts, les intellectuels et scientifiques, les universitaires ainsi que les gouvernements nationaux auraient un rôle plus déterminant. Un peu plus de la moitié des Européens (51 %) souhaiteraient s’impliquer eux-mêmes, les répondants irlandais étant les plus enthousiastes (81 %), suivis par les Belges (64 %), les Luxembourgeois (63 %) et les Slovènes (63 %).

Un avenir semé de nouveaux défis

La crise du coronavirus a mis la parole citoyenne à rude épreuve, lorsque l’urgence l’emportait sur la démocratie. Le baromètre relève que 6 Européens sur 10 se seraient questionnés sur l’avenir de l’Europe lors de l’épidémie. Ils ont été invités à partager leur vision d’avenir : 35% souhaitent un niveau de vie comparable, 30% sont pour une plus grande solidarité entre États membres, 25% pour l’élaboration d’une politique commune de santé et 22% pour des normes d’éducation comparables. À plus long terme, la priorité des citoyens implique les questions environnementales, où 45% des répondants en font un défi majeur de l’Europe, suivi de près par le terrorisme (38%) et les risques pour la santé (37%). La migration et les déplacements forcés représentent un défi majeur pour 27% des répondants.

Des atouts incontestables

Pour répondre à ces défis, les citoyens reconnaissent un certain nombre d’atouts à l’Europe. Parmi les plus cités, le respect de la démocratie, des droits de l’Homme et de l’état de droit (32%) et la puissance économique et commerciale (30%) donnent à l’Europe les outils nécessaires pour aborder l’avenir avec confiance. Pour 14 pays, la démocratie et les droits de l’Homme sont l’atout majeur (58%), et ce point de vue est particulièrement important en Suède, où 58 % considèrent qu’il s’agit d’un atout majeur.

La puissance économique, industrielle et commerciale de l’UE est considérée comme l’atout le plus important (ou partageant la première place) dans neuf pays, avec la Finlande (45 %) et l’Estonie (44 %) en tête.

L’enquête eurobaromètre et le lancement de la Conférence pour l’avenir de l’Europe sont le signe d’une Union innovante et collaborative. Un message fort pour tous les citoyens de la zone qui pourront être inclus concrètement dans de nouveaux processus. La conférence sur l’avenir de l’Europe entend créer un nouveau forum public pour un débat ouvert, inclusif, transparent et structuré avec les Européens sur les questions qui les concernent et qui ont une incidence sur leur vie quotidienne.

1 https://ec.europa.eu/luxembourg/news/une-nouvelle-enquête-révèle-que-les-citoyens-de-lue-sont-mieux-informés-de-leurs-droits_fr

2 https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20200109IPR69906/les-citoyens-au-coeur-de-la-conference-sur-l-avenir-de-l-europe