Cybersécurité et drones, les enjeux évoluent très vite

Cybersécurité et drones, les enjeux évoluent très vite

Les cybermenaces frappent des entreprises comme des administrations, la protection est plus que nécessaire. Quant aux drones ils peuvent devenir des acteurs de la surveillance de sites ou d’infrastructures.

Ce sujet d’actualité a été débattu lors du salon Acces Security à Marseille le 15 avril dernier. Pour Dominique Riban, directeur général adjoint de l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information), « jusqu’à présent la question était non pas de savoir s’il y aurait une attaque, mais quand elle aurait lieu. J’ai la réponse c’était le 9 avril dernier avec TV5 Monde. Pour la première fois, des attaquants ont pénétré le système et ont détruit du matériel. C’était une attaque bien préparée, sophistiquée ». Franck Pavero, Directeur Division CyberDéfense et Lutte contre la Cybercriminalité chez Cristal Concept, estime que le risque a été très sous-estimé dans les différentes autorités autant des institutions que des entreprises. Il faut maintenant savoir faire face. Pour Lazaro Pejsachowicz, président du CLUSIF (Club de la Sécurité de l’Information Français), « demain les prochaines cibles pourraient bien être une centrale électrique ou un hôpital. Notre défense a pris du retard. Il faut mettre en œuvre les recommandations. » Au-delà de TV5 Monde, Moti Harlev, manager du Cyber Programs Directorate Israël Aerospace Industries Ltd, souligne qu’au sujet de l’avion de la Malaysia Airlines qui a disparu, certaines personnes en charge de l’enquête, en Australie, en Malaisie ou en Chine estiment qu’en utilisant des techniques d’usurpation du GPS il est possible de prendre les commandes d’un avion commercial pour le faire atterrir quelque part ». De quoi faire froid dans le dos... et surtout réfléchir à de nouveaux concepts pour pallier à ces failles.

Des opérateurs d’importance vitale

Depuis un nouveau décret paru en mars dernier, des mesures supplémentaires ont été prises vis-à-vis des opérateurs d’importance vitale. Comme le rappelle Monsieur Riban, ces 218 OIV sont « des opérateurs vitaux pour le fonctionnement de la nation et pour la sécurité des Français. Ils ont maintenant l’obligation de sécuriser leur système, de rendre compte des incidents sur leurs systèmes vitaux, de surveiller leurs systèmes et enfin en cas de crise le Premier ministre peut imposer des mesures comme la déconnexion d’un OIV. Ce cadre permet de prendre en main la problématique, ainsi les banques sont très bien protégées ». A l’inverse, poursuit Olivier Chavrier, directeur général adjoint et projets Pôle Scs (Solutions Communicantes Sécurisées), des PME-PMI ultras innovantes ne vont pas avoir la sécurité nécessaire. « Et pourtant, ces entreprises sont de celles qui mettent au point et réalisent, par exemple, des pièces que l’on trouve sur les Rafales ».

L’ANSI, recense ainsi 1 000 attaques par jour, « qualifie » une cinquantaine de ces attaques et il en reste encore d’une à cinq qui sont sérieuses. La menace est bien réelle.

Des drones nombreux et différents

Le drone civil voit son marché augmenter d’année en année que ce soit en nombre de drones ou en diversité des produits proposés. Toutefois le drone de loisirs représente l’immense majorité des drones vendus, en France comme dans le monde.

Pour Servan Lépine, président du collège métier SNES Hommes/Technologies et Télésurveillance (Syndicat National des Entreprises de Sécurité), « dans le secteur de la sécurité privée les drones intéressent beaucoup d’acteurs, mais cela reste, aujourd’hui, dans les cartons ne sont pas encore mis en œuvre, mais cela va évoluer vite, pour des analyses des risques, protéger les hommes et générer des économies pour les clients. Nous sommes dans une phase de mise en place. Dans un premier temps des dirigeables captifs portant une caméra seront mis en œuvre. Dans un second temps des drones à courte portée, à voilure tournante, très maniable, avec des parcours de sécurité à réaliser peuvent, intervenir sur des sites très sensibles, en fonction de leur autonomie, tels que gaz, feu, environnement sensible pour l’homme en précédant l’arrivée de l’agent ».

Aujourd’hui les spécialistes estiment que seulement 5 % du marché des drones civils sont liés à la surveillance. Mais en 2020, cela devrait atteindre 20 %. Les frontières, les centrales, les feux de forêt, les rassemblements pourront être surveillés par les drones. Leur technologie, leur autonomie et certainement la réglementation ayant encore évolués d’ici là.

Franck Chevallier


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