Sécurité et Défense nationales : une épreuve à ciel ouvert

Créer un environnement sûr et sécurisé dans lequel tous les participants aux Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 pourront évoluer dans un climat de confiance tout en célébrant l’esprit des Jeux est un défi considérable qui ne peut que passer par la mobilisation de tous les acteurs de la sécurité. Si les champs d’application sont nombreux, des décisions majeures sont attendues à courtes échéances afin de performer lors de l’épreuve finale de 2024.

Par Mélanie Bénard-Crozat et Catherine Convert

Des décisions politiques attendues

L’industrie française est mobilisée depuis de nombreux mois, mais les décisions tardent à se faire connaître de la part de l’Etat.

En effet, presque 18 mois après la signature du contrat de filière entre l’Etat et la filière de sécurité, et la présentation de l’offre capacitaire par les industriels dans le document « proposition pour une solution globale de sécurité », déremis au service du ministère de l’Intérieur, ces derniers restent en demande de réponses claires et rapides. A moins de 2 ans du coup d’envoi de la Coupe du Monde de Rugby, le temps presse.

Cette proposition globale de sécurité « nécessite la prise en compte du besoin dun cadre juridique pour développer de nouvelles solutions technologiques et un cadre politique de portage de ces solutions technologiques de sécurité, respectant les libertés publiques. Enfin, il faut prendre en compte des éléments conjoncturels liés à un contexte sanitaire exceptionnel. Ces derniers ont mené au report des Jeux de Tokyo et à la révision du concept de Paris 2024, aboutissant à des adaptations dans le calendrier de la DIJOP ainsi qu’à une réévaluation du budget alloué à la sécurité par le COJO. » précise Christophe Delaye, commissaire divisionnaire de Police et conseiller sécurité auprès du Délégué interministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques. Celle-ci serait-elle arrivée trop tôt, expliquant un délai de réponse ressenti comme trop long ?

« Les acteurs de sécurité ont peut-être été enthousiastes et impatients de présenter leur savoir-faire en faisant cette proposition dès 2019. » commente Christophe Delaye, et de préciser « les technologies de sécurité jouent un rôle important dans la stratégie de sécurité des Jeux. Mais celle-ci se veut plus globale et intègre notamment des dimensions juridiques, de ressources humaines, financières, de sécurité privée, d’éthique, etc. C’est donc un ensemble cohérent qu’il nous faut porter pour pouvoir délivrer des réponses précises. La stratégie de sécurité de lEtat mêle un équilibre délicat nécessitant de maîtriser et intégrer des briques multiples, interconnectées, disposant d’une maturité inégale tout en soutenant une vision holistique et par essence, complexe. »

La mise en place d’un comité stratégique de gestion des risques fin 2020, sous la présidence du DIJOP, permet ainsi de suivre l’avancée des différents sujets et dapporter les réponses attendues. « Ce comité réunit le chef d’État-major des Armées, le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, le coordinateur pour la sécurité nationale des Jeux, la Maire de Paris, le préfet de police de Paris, le directeur général de Paris 2024, le directeur général de la SOLIDEO et le directeur général de lANSSI. Il passe ainsi en revue, chaque trimestre, lensemble des risques opérationnels, budgétaires ou juridiques liés à la préparation des Jeux tout en définissant la stratégie de sécurité de lEtat, avec lorganisateur et la Ville-hôte, dans une approche interministérielle et dans une vision globale, en tenant compte de la dimension internationale de l’événement » détaille Christophe Delaye.

A la dimension stratégique, s’ajoute la construction collective de cette stratégie globale de sécurité « qui nécessite une adaptation permanente. L’évènement est d’une dimension telle que le schéma de sécurité globale requiert une exigence hors-norme. Mais plus nous avançons dans le temps et ce, malgré un contexte très mouvant et incertain, qui nous oblige à nous adapter continuellement, plus les choses se précisent ».

Christophe Delaye se veut donc rassurant : « Bien qu’il soit difficile de présenter un calendrier précis à ce stade, je vous confirme que le rythme de travail saccélère, les choses vont de lavant et produisent des résultats sur l’ensemble des éléments stratégiques dédiés à la sécurité des Jeux, surtout avec la perspective de l’après-Tokyo et de lentrée de la France dans sa propre olympiade. »

Soutien parlementaire et présidentiel

Impliqué sur ce sujet depuis 3 ans, le député Jean-Michel Mis, a souhaité interpeller le Président de la République. Dans un courrier officiel adressé au chef de l’Etat en date du 15 décembre 2020, le député évoque une filière « d’excellence », une « capacité à déployer des solutions respectueuses des libertés publiques et à moderniser certains systèmes de sécurité que ce soit pour nos territoires ou nos concitoyens. » Malgré le ralentissement provoqué par la crise COVID-19, le député explique « les industriels de ce secteur clé pour la sauvegarde de notre souveraineté sont inquiets eu égard aux délais. Mais bien que les choses n’aillent pas toujours aussi vite que nous le souhaiterions, je peux aujourd’hui témoigner du soutien du chef de l’Etat pour promouvoir l’excellence du savoir-faire de la filière française de la sécurité dans le contexte de la relance de notre économie, de la réindustrialisation de notre pays et à l’approche des grands événements sportifs qu’accueillera la France en 2023 et 2024. » Le député Mis vient de se voir confier par le Premier ministre une mission temporaire ayant pour objet l’utilisation de technologies numériques dans le domaine de la sécurité en vue, notamment, de la tenue de ces grands évènements.

Le dossier est aussi suivi de près par le cabinet du ministre de l’Intérieur et la Coordination nationale pour la sécurité des JOP qui a, depuis quelques mois, vu les choses évoluer « des besoins sont exprimés et un budget associé est à l’étude » confirme un proche du ministre Darmanin rappelant que les besoins technologiques exprimés dans la perspective des JO doivent répondre plus largement aux besoins du ministère. Il s’agit donc bien de profiter des JO pour franchir un pallier de modernisation des forces intérieures. Un budget plafond de 450 millions deuros serait estimé, mais aucun commentaire n’est formulé place Beauvau sur le montant qui sera débloqué par Bercy, qui étudie le dossier…

Des décisions sur la sécurité des grands évènements pourraient être rendues publiques dans les prochaines semaines, laisse t-on entendre du côté de l’Elysée…

Bonne nouvelle pour la filière française

Du côté de l’organisateur, le budget alloué pour la sécurité est passé de 182 millions deuros à 295 millions deuros en décembre dernier.

Parmi les premières entreprises lauréates, figure Atos. Partenaire des JO depuis près de 30 ans, la société française devient le supporteur officiel en services et opérations de cybersécurité et s’engage à fournir des solutions bas carbone afin de soutenir Paris 2024. « Avec Atos, Paris 2024 complète son dispositif pour répondre aux défis du sport à l’heure du numérique, sécuriser la livraison des Jeux Olympiques et Paralympiques et offrir aux athlètes, aux spectateurs et aux téléspectateurs une expérience unique. » commente Tony Estanguet, Président de Paris 2024. Elie Girard, Directeur Général dAtos, ajoute : « Intégrant des analyses de données approfondies et une surveillance en temps réel pour neutraliser les cyber-menaces qui pourraient avoir un impact sur les compétitions, nous soutiendrons pleinement Paris 2024 dans sa mission d’accueillir des Jeux sûrs, sécurisés et durables. »

Des frontières fluides et sécurisées

La thématique des frontières va être au coeur des Jeux Olympiques. Aujourd’hui, les Français et les Européens aspirent à avoir des frontières sûres, sécurisées mais également fluides malgré les menaces pesant sur le territoire, en particulier le terrorisme, les flux migratoires et maintenant la crise sanitaire. « Une frontière fluide et sécurisée reste une injonction contradictoire, ce qui signifie que nous aurons besoin, pour faire face à ces évènements et à la circulation massive des personnes, de nous assurer de l’identité des personnes, de la réconciliation entre les documents qu’elles présentent avec la personne physique. » témoigne Fernand Gontier, directeur central de la Police aux Frontières (DCPAF).

Ce qui s’applique aux aéroports, s’applique également aux frontières maritimes et terrestres. Cela comprend 3000 km de frontières terrestres, des dizaines de ports et plus de 120 aéroports ouverts au trafic international. « Nous disposons de technologies comme la reconnaissance faciale, le système de passage rapide à la frontière PARAFE. Nous avons une niveau d’authentification tout à fait fiable. Aujourd’hui, avec les passeports et les cartes d’identité, il y a une couche lisible par l’ensemble des pays européens permettant d’accéder à la reconnaissance faciale. Un décret permet désormais de faire accéder au SAS PARAFE, huit nouveaux pays tiers, dont la Grande-Bretagne, le Japon, le Canada et les États-Unis. » ajoute Fernand Gontier. Des innovations technologiques mais aussi juridiques qui permettent d’assurer cette fluidité tout en assurant la sécurité existent donc.

2022, une année capitale

2022 sera une année charnière au niveau des systèmes d’informations européens, avec la mise en place du système ETIAS (ndlr système européen dinformation et dautorisation concernant les voyages) à l’automne et du système entrée-sortie (ndlr EES – Entry Exit System) au printemps. Ce dernier est redouté au niveau européen, y compris en France. 

Ce système européen va nécessiter la capture, au niveau des passages de frontières, de la biométrie des ressortissants de pays tiers. Ce qui pourrait doubler voire tripler le temps d’attente individuel si l’on ne recourt pas à des technologies adaptées.

Aussi, le ministère de l’Intérieur s’est doté d’une équipe projet, la direction de programme des frontières sécurisées et fluides, afin de trouver des systèmes anticipant et préparant le passager pour son authentification et préparer le passage devant le contrôle physique ou automatique. « Ces évènements vont obliger un durcissement des contrôles mais nous aurons tous les outils de contrôle aux frontières indispensables pour sécuriser les Jeux et la Coupe du Monde de Rugby. » souligne le DCPAF qui soulève le point suivant « Si les frontières maritimes et aériennes sont sécurisées, les frontières terrestres représentent un vrai défi. Quand il y a plus d’une centaine de points de passage en partie contrôlés, faudra-t-il en fermer certains ? C’est ce qui avait été fait au printemps dernier lors de l’épidémie. Depuis 2015, la France rétablit ses contrôles aux frontières intérieures, qui est une exigence absolue dans le cadre de ces Évènements. » Si aujourd’hui « les fichiers sont efficaces » et se mettent progressivement en place avec l’interopérabilité, du point de vue physique, « la détection de franchissement illégaux nécessitent encore de nombreux matériels, notamment les drones et moyens aériens de détection de personnes qui ne sont pas encore autorisés. La détection des personnes dans leur véhicule, en particulier les poids lourds représente également un réel défi. » ajoute Fernand Gontier.

La technologie, c’est également la mise à disposition depuis 3 ans du PNR européen, avec le système français fonctionnant parfaitement avec 100% des destinations européennes raccordées. Une extension est prévue au secteur maritime et au transport ferroviaire et de bus, couvrant à la fois les destinations européennes et extra-européennes. Ces évènements nécessiteront enfin une coopération entre tous les pays bordant la France. « Nous avons passé de nombreux accords de coopération opérationnelle pour la mise en place de patrouilles, des brigades mixtes et des contrôles conjoints. » ajoute Fernand Gontier et de conclure « Nous serons prêts pour les grands évènements attendus en France à horizon 2023 et 2024. Nous aurons aussi l’occasion de mobiliser la réserve citoyenne. »

À terme, des renforts de l’ordre de 30 000 effectifs supplémentaires devraient être déployés pour sécuriser notamment les Grands Évènements.

Préparer efficacement les communications de demain

Au coeur des grands évènements internationaux, les risques multiples – accidents et mouvements de foule, heurts et violence entre supporters, dégradation ou pillage, menace terroriste aux formes imprévisibles et mouvantes – nécessitent une action globale et coordonnée. « Une planification, un travail en amont permettant de se préparer et une capacité de réponse rapide et efficace sont les éléments structurants qui permettent d’adresser les défis que représentent ces grands évènements internationaux » témoigne Eric Davalo, Head of Europe for Secure Land Communications chez Airbus.

Les évolutions 4G et 5G

Pour assurer la sécurité de ces évènements, les télécommunications sécurisées jouent un rôle majeur et permettent dutiliser le potentiel des évolutions technologiques de la 4G et déjà de la 5G dans certains pays, mais aussi la puissance de calcul des smartphones et tablettes, les capteurs de nature diverses, les drones et les outils de collecte et danalyse massive de données. Si aujourd’hui les communications par la voix sont lessentiel des échanges possibles, « les solutions Airbus s’enrichissent déjà de nombreuses fonctionnalités basées sur ces nouvelles technologies. Nous multiplions les possibilités de collecter et d’échanger en temps réel des informations utiles comme la localisation massive de personnes ou matériel. Cela enrichit la connaissance opérationnelle en salle de commandement et sur le terrain. Au-delà dune coordination vocale, on a un échange instantané et détaillé des actions à mener, des actions en cours et celles achevées. Combiné à une vue cartographique enrichie d’informations utiles d’un point de vue opérationnel, ce sont des instruments puissants d’aide à la conduite des opérations. Airbus travaille sur ces sujets en particulier dans le cadre du projet européen Broadway qui vise à linteropérabilité des communications et des informations entre forces de sécurité et de secours au-delà des frontières. » souligne Eric Davalo.

Lintégration de services de communications sécurisées avec des applications de gestion opérationnelle décuple lefficacité de ces dernières. Elles sont dautant plus utiles lors de grands évènements qui impliquent de nombreuses organisations qui ont besoin de se coordonner entre elles. Le déploiement lors de la démonstration Barents Rescue, en Suède qui a permis de connecter les services de sécurité (pompiers et police) et les intervenants des services de santé de Finlande, de Suède et de Norvège dans le cadre de scénarios d’urgence en situation réelle permet aussi d’alimenter les travaux portés en prévision des JO 2024. « Lors de missions critiques, assurer aux différents acteurs des communications sécurisées et permettre une coopération interopérable fiable est vitale. Ces éléments, en cas de mouvement de foule ou d’accidents, pourront ainsi être immédiatement utilisés car leur efficacité est démontrée et les solutions sont éprouvées. »

Vidéos et puissance de calcul

Les applications fournies par Airbus offrent aussi lanalyse et le partage de vidéo provenant de caméras fixes ou de caméras mobiles montées sur des véhicules, des drones ou portées par des intervenants. « Nous avons pu montrer la pertinence de tels échanges sur un réseau tactique 4G lors de lEnduroPale. Un sapeur-pompier présent sur la plage du Touquet peut partager la vidéo d’un éventuel accident au poste de commandement (PCO) permettant au commandant de mieux évaluer la gravité de l’accident et d’apporter une réponse plus rapide. » détaille Eric Davalo.

Enfin, lutilisation de la puissance de calcul des smartphones et daccessoires spécialisés permettent de déclencher des robots numériques pour des recherches dinformation automatisées. « Dans cette évolution, la 5G permettra de mettre à disposition des solutions de plus en plus sophistiquées de réalité augmentée pour intervenir dans des lieux offrant peu ou aucune visibilité par exemple. » ajoute Eric Davalo.

Ces solutions déjà utilisées à travers le monde pour les grands évènements notamment, seront utilisées lors des prochains Jeux Olympiques dhiver de 2022 en Chine. La Chine, où Airbus testait déjà en 2019, le premier réseau Tetra 5G hybride au monde. Les essais de compatibilité entre smartphones 5G et terminaux pour le réseau de radiocommunication partagé du gouvernement de Guangzhou, relié pour la première fois au réseau 5G de China Telecom furent un succès. « Tactilon Agnet permet de déployer des services voix et données en continu entre les utilisateurs du réseau Tetra et ceux utilisant le réseau 5G. Parmi les services possibles, figurent les appels de groupe et les appels individuels, les services de messagerie, le partage de vidéos et de données, ainsi que la géolocalisation et le Push-to-Talk. Ainsi, grâce à son interconnexion avec les réseaux 4G et 5G, le réseau radio partagé du gouvernement de Guangzhou se prépare efficacement pour les communications de demain. » témoigne Eric Davalo.

Le RRF, un outil politique et stratégique autant qu’opérationnel

Le RRF, le Réseau Radio du futur, situe la France dans le peloton de tête des pays développant un système de communications critiques basé sur les technologies 4G et 5G dans le monde avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Finlande et la Corée. « Il inscrit ainsi la France dans un développement mondial des communications sécurisées basé sur des technologies très sophistiquées, standardisées et ouvertes. » explique avec enthousiasme Eric Davalo.

Dans ce contexte, avec la perspective à court-terme de la Coupe du Monde de Rugby en 2023 qui se déroulera en France, deux éléments clés feront le succès du RRF : l’utilisation de solutions prêtes à lusage au vu du calendrier et un accompagnement métier fort des utilisateurs dans la conduite du changement. Faire partie d’un développement mondial doit aussi permettre des évolutions continues. « Il est crucial que les forces françaises de sécurité et de secours puissent bénéficier pour les évolutions à venir du RRF de la dynamique et des expériences dun marché mondial. » déclare Eric Davalo.

L’équipe de France

Les JO 2024 sont une formidable vitrine pour démontrer le savoir-faire français et stimuler les industries de la sécurité française. Déjà mobilisées depuis de nombreux mois, elles espèrent maintenant des décisions rapides pour pouvoir se mettre en ordre de marche. « Airbus possède tout un panel de solutions qui inclut bien sûr les communications sécurisées dont il est le chef de file européen, qui inclut les communications satellitaires, mais aussi des outils de gestion pour salles de commandement, de fortes capacités danalyse de données, que ce soit des images – entre autres les images satellites – des vidéos ou des données collectées sur différents supports, ainsi bien sûr que des hélicoptères, des drones et des systèmes de gestion de mission aérienne. » souligne Eric Davalo et de conclure « L’équipe de France est prête. Nous sommes prêts à répondre aux besoins des organisateurs et de l’Etat et à nous coordonner au sein de la filière pour être collectivement plus efficace et faire de ce rendez-vous très attendu un succès à tous les niveaux. »

L’identité numérique tombe à pic

Le développement de l’identité numérique au niveau européen et en France vient indiscutablement servir les enjeux de contrôle aux frontières et les attentes liées aux grands évènements. La Carte nationale d’identité électronique (CNIe) s’inscrit dans le règlement eIDAS de l’Union européenne, sur « l’identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur »1.
Au niveau du calendrier, l’un des enjeux sera le taux de distribution des titres à l’approche des JO. La DGNUM souhaiterait un rythme de distribution de l’ordre de 6 millions par an. En 2024, il devrait y avoir un taux de couverture certes, incomplet, mais néanmoins jugé suffisant par les autorités. Aussi, la carte pourrait avoir une traduction dans le monde physique si elle est associée à une application. Elle permettrait de sécuriser les données d’identité et d’utiliser le smartphone pour s’identifier. Des usages, lors d’une circulation de foule par exemple, permettant de prouver son identité de manière très sécurisée, sont envisagés. De même que le développement de nouveaux services pourraient voir le jour en coopération avec France Connect. Avec les 900 services existants et l’interopérabilité européenne lancée en mars dernier, France Connect pourrait alors être ouvert aux autres États membres. Un schéma d’identité, qui pourrait, lors des Grands Évènements, permettre de bénéficier de services en ligne ouverts au plus grand nombre et bien entendu aux ressortissants européens. Les services de billetterie, cruciaux pour les organisateurs, pourraient être concernés, ainsi que les services offerts aux sportifs dans le cadre des Jeux et de la Coupe du Monde de Rugby. Sujet clé qui s’impose dans l’actualité : en 2015, MarkMonitor, spécialiste de la protection des marques révélait que « des dizaines de milliers de billets pour les matchs étaient revendus en toute illégalité » dans la cadre de la Coupe du Monde de Rugby de 2015. Près de 79 752 offres de vente de billets, via des sites non reconnus, auraient été identifiées.

France 2023 ne sera pas épargnée. La première séquence de vente de billets a fait sensation : 600 000 billets ont été vendus en dix heures à peine en mars dernier ! Un engouement tel que les criminels avertis n’ont pas manqué d’initier une nouvelle attaque. « Nous déplorons la présence de Packs sur des marchés en ligne non-officiels et des sites de revente illégaux. Nous sommes déterminés à les combattre et tous les moyens sont mis en œuvre dès à présent. » déclare l’organisateur de la RWC 2023 rappelant que la prochaine vente de billets et les premières places pour les phases finales seront disponibles à l’automne 2021.

L’année 2021 est une année charnière. De nombreux documents cadres seront livrés, notamment le concept des opérations de sécurité, un plan de secours santé, un plan de cybersécurité et un plan sur la dimension C3 – commandement, coordination, communication. Des décisions seront rendues sonnant le glas du passage à l’opérationnel. Les résultats de l’épreuve seront connus en 2024. Espérons que la filière remporte sa médaille d’or.

1 https://www.ssi.gouv.fr/entreprise/reglementation/confiance-numerique/le-reglement-eidas/